Braises

Écrit par Théâtre du Revest le . Publié dans Résidences de création

Au coeur d’une famille attachée au respect des traditions, Braises expose les bouleversements nés de l’éveil amoureux qui embrase l’adolescence. La puberté initie une mutation profonde et parfois meurtrière qui pousse les adolescents à fuir le carcan familial. L’essor de la personnalité, le joug des premières pulsions sexuelles et le sentiment d’insécurité qui en résulte les isolent. L’incompréhension et l’isolement nourrissent leur désir d’émancipation.

Deux soeurs, Leila et Neïma, sont confrontées au poids de la filiation et au respect du mode de vie incarné par leurs parents. Emportées par les premiers émois amoureux, elles nous tendent en miroir leur quête libertaire de femmes en devenir. En cette période où les notions de genre font l’objet de débats houleux, Braises revient à cette mission première du théâtre : permettre, à travers la fiction, de s’identifier aux autres pour s’interroger soi-même. Pour cette nouvelle création, Philippe Boronad poursuit son exploration d’un langage scénique transdisciplinaire, fortement inscrit dans l’utilisation des nouvelles technologies. Il nous livre un théâtre capteur de notre époque qui tisse des fragments de vie dans un flux qui est celui même du temps. Je suis d’avis que le théâtre a aussi pour mission de provoquer le dialogue. Que la fiction permet de s’identifier aux autres, pour s’interroger sur soi-même. Braises traite d’un sujet brûlant parce que d’actualité. Le repli culturel que l’on observe dans certains quartiers soulève des débats houleux sur ce qu’est l’identité nationale. Je considère que c’est aussi à nous, artistes, de prendre la parole pour la donner. A nous de construire des ponts, de faire entendre des voix que l’on tait trop souvent par peur de s’y confronter. Catherine Verlaguet A l’origine de ce projet, il y a notre propre effroi. Notre devoir d’alerte. Notre sentiment d’urgence. Notre constante interrogation sur notre rôle et nos responsabilités, en tant qu’artistes, au sein de la société. Notre conviction de l’intense nécessité à rester vigilant, à soulever des questionnements, à susciter des réactions. A rencontrer les hommes. A tisser ou retisser du lien. A rompre l’enfermement. Parce que nous croyons que ce qui fait oeuvre, c’est ce qui fait lien. Montée de l’extrême droite, intégrisme religieux, xénophobie, racisme, homophobie, haines, désolidarisation... La crise véhicule des peurs ataviques. Des peurs à l’origine d’enfermements divers. La peur, le repli sur soi, l’isolement rompent les liens humains, sociétaux, familiaux, territoriaux. L’exploration menée a vocation à renouer le lien profond entre les êtres, quelque soit leur appartenance. Et pour ce, elle se doit d’inventer de nouvelles voies : être foncièrement participative, immersive, fédératrice, généreuse. Philippe Boronad